Histoire de la Construction // Intérêt Patrimonial // L'MATA

L'histoire de la construction

La Distillerie est née sous forme de coopérative à l'initiative de M. Fernand D'Hardivilliers, propriétaire exploitant à la Guittière, avec la collaboration d'autres exploitants de la commune et hors commune. Pour St Pierre de Maillé, les premiers administrateurs furent MM. Léon Joly, Joseph Pernin, et M. Raymond Meriot. Elle compta jusqu'à 1200 sociétaires.

L'objectif était de valoriser en l'intensifiant la culture des topinambours et des betteraves, qui jusqu'à présent n'étaient utilisés que pour l'alimentation du bétail.

La production d'alcool était destinée à être mélangée avec de l'essence et du benzol, qui donnait un produit appelé Ternaire destiné à être utilisé, en cette période troublée par les véhicules des grandes administrations, RATP et autres gros consommateurs acheteurs exclusifs de l'Etat. Après la guerre, le produit de la distillation, le Flegme (alcool naturel à forte odeur de betterave) fut destiné à l'industrie, après passage dans des usines de rectification.

Le site d'implantation fut choisi dans le bas du bourg, en bordure de Gartempe, sur une parcelle appartenant à M. de La Chapelle, à cause des besoins en eau importants pour le lavage des produits, et le refroidissement de la colonne de distillation.

Le chantier de l'usine a duré 2 ans et fut divisé en plusieurs lots, pour le gros œuvre de l'usine et la cheminée, c'est l'entreprise SCCI Sacita de Paris qui fut l'adjudicataire. Les bureaux et la maison d'habitation du contre-maître fut construite par M. Marcel ROY, entrepreneur de ST Pierre de Maillé.

Les silos furent édifiés par la Sté JUIDICI de Chateauroux, le bâtiment de l'atelier de réparation et de la bascule furent confiés à M. Raymond Collinet, artisan de St Pierre de Maillé. L'entreprise Merceron de Chatellerault a assuré la partie des cuves et l'ensemble du réseau de tuyauterie et d'appareil de distillation.

De 1942 à 1956 la production passa de 80 à 120 tonnes par jour.
En 1965-66 : 140 t/jour de betteraves étaient traitées et produisaient 140hl/j d'alcool.

Dans les années 1960, la production de betteraves augmenta sensiblement grâce à l'amélioration des rendements agricoles, cependant la distillation très contingentée, ne permettait pas d'accroître en conséquence le volume d'alcool.Ce phénomène d'étranglement serait à l'origine de la fermeture de l'usine le 31 mars 1973 suite à des difficultés financières.

Textes et compilation de la mémoire ouvrière par Denis Menier

Schéma de fonctionnement de la Distillerie (réalisé par Jean-Louis Bruère)

Schéma de fonctionnement simplifié de la Distillerie